Les écrits du numérique #5

Les écrits du numérique #5

Télé/graphie(s)

8 et 9 avril 2021

Alphabetville et La Marelle, en partenariat avec l’observatoire Leonardo, l’Ensad, l’IRI

 

Les « Ecrits du numérique » sont des temps de rencontres, d’échanges et d’information sur ces pratiques, dont l’objectif est de : transmettre autour des expériences récentes de création et publication numérique ; considérer l’actualité et les perspectives technologiques des supports d’édition numérique ; découvrir les formes littéraires numériques avec des auteurs et/ou développeurs informatiques…

 

 

La crise sanitaire due au virus COVID-19 a généralisé un fait déjà très répandu – notamment apparu depuis le processus de numérisation et l’accès public au web, accru par le développement exponentiel de ses applications et via nombre d’objets techniques -, qu’est le rapport récurrent aux écrans, les activités et les relations par télétechnologies. Ce dans un flux presque ininterrompu, incessant, promu par le capitalisme 24/7 analysé par Jonathan Crary, et le tout récent « screen new deal » dénoncé par Naomi Klein.

Cette tendance technique de la téléactivité et de la réticulation (anti-)sociale a conduit « à une nouvelle augmentation du temps passé devant des écrans de toutes sortes », dont les fonctions se sont redéfinies et élargies « à mille activités, notamment professionnelles » (Bernard Stiegler, La technique et le temps III), mais aussi domestiques, indifféremment, et parfois confusément, publiques et privées. Et générant un commerce et une économie des in-existences, absorbées, désincarnées et disloquées par le temps et l’espace machiniques des réseaux numériques, installant une spectralité, qualifiée par Jacques Derrida d’« hantologie », une « logique de la hantise », sans réelle opposition entre présence et absence, « non-présence », « vie et non-vie », dont les télétechnologies seraient la production sous forme de simulacre, et dont les formes d’inscription produiraient une « spectrographie » (Jacques Derrida, Spectres de Marx).

Or, ce« pan-écranisme » semble devenu un espace et un temps subis, calculés, formatés, dans un ordre soumis à la computation, de tout et en tout, c’est-à-dire de toutes nos actions et de leurs traces, inscrites en tous medias, englobées dans les mémoires de ces organes artificiels réticulés, « technologies relationnelles » qui nous relient autant qu’elles nous délient, capturant et capitalisant nos actes et nos pensées, nos affects et nos psychismes, nos organes et leur sensorialité, notre amicalité et ses signaux, dans une instrumentalité « déjà-là et déterminée ».

Ici, sera pris en considération le contexte de la grammatisation (technique de reproduction) numérique telle qu’elle discrétise gestes et symboles sous le paradigme du traitement automatique et calculatoire de l’information, et où toute écriture, naturelle (geste) ou artificielle (symbole), est donc engrammée et transmise numériquement.

Des télé-grammes donc, ou de l’extension du domaine de la télégraphie, accomplie par le temps de la pandémie et de la distanciation sociale, temps maladif, retiré, isolé, confiné, où l’attention est transformée, l’action appareillée et la relation médiée, ou non immédiate, liée à une machinisation, ou machination : où toute écriture, naturelle (geste) ou artificielle (symbole), est engrammée et transmise numériquement.

Du grec ancien télé, loin, et graphein, écriture, c’est à ce(s) mode(s) de transmission à longue distance que nous nous intéresserons lors de cette cinquième édition des Ecrits du numérique, en tentant d’actualiser les aspects de leurs formalisations autant que le sens de leur performativité.

Lors de cette édition seront proposés des dialogues entre praticiens (auteurs, artistes, metteurs en scène, designers…) et théoriciens (philosophes, historiens, critiques…) afin de donner des perspectives critiques, autant pratiques que théoriques, face à nos conditions médiatiques et immédiates, provoquant choc, désorientation et incertitude. Nous proposons ainsi de tenter de panser ce que nous faisons.

 

Intervenants : Eduardo Berti, écrivain ; Pascal Jourdana, journaliste et critique ; Lucile haute, artiste et performeuse, enseignante chercheuse ; Alan Deneuville, doctorant en littérature ; Emmanuel Guez, auteur et chercheur en littérature ; Vincent Puig, directeur, praticien et théoricien des relations culture, recherche et industrie ; Valérie Cordy, metteuse en scène ; Véronique Béland, artiste ; Mathieu Vabre, commissaire d’exposition ; Cécile Portier, écrivain ; Nathalie Quintane, écrivain ; Jean-Marc Chapoulie, cinéaste ; Jean Gilbert, écrivain et philosophe ; Yves Citton, philosophe et théoricien de la littérature ; Emmanuel Mahé, directeur de recherche en art et design ; Jérôme Poret, musicien ; Jérôme Joy, compositeur, enseignant-chercheur ; Colette Tron, auteur et critique ; Fabien Zocco, artiste ; Sara Baranzoni, philosophe ; Paolo Vignola, philosophe ; Gwenola Wagon, artiste et enseignante chercheuse ; Pierre Cassou-Noguès, écrivain et philosophe ; Roger Malina, chercheur et directeur de publication en arts et sciences…

 

Organisateurs : Colette Tron avec Pascal Jourdana, Lucile Haute, Emmanuel Mahé, Vincent Puig

 

Programme détaillé

Télécharger le programme détaillé (PDF)

Modalités pour suivre les rencontres en ligne :

Inscription auprès de alphabetville@orange.fr afin de recevoir un lien de connexion.

 

 

Présentation des structures :

Alphabetville, laboratoire des écritures multimedia www.alphabetville.org

La Marelle, résidence d’écrivains https://www.la-marelle.org/

Ensad, école supérieure des arts décoratifs de Paris https://www.ensad.fr/

IRI, Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou https://www.iri.centrepompidou.fr/

Leonardo, observatoire arts, sciences, technologies https://www.leonardo.info/