Modalités et attitudes d’écriture et de lecture : présentation de quelques logiciels et programmes

Comment se construisent les modalités d’écriture et de lecture face à un ordinateur et sur le web ? Qui écrit ? Qui lit ? Comment se transmutent les fonctions d’émetteur et de récepteur ? Quelles implications cela peut-il avoir sur le statut d’auteur ? Comment circulent les messages ? Quelles sont les logiques de communication ? Comment s’architecturent les données textuelles ?
De nouveaux logiciels sont créés, qui démantèlent ou recombinent la langue, défient les espaces d’information et de communication, reconfigurent les modes d’échange. Jeux, expérimentations, ou bouleversement des usages culturels et des statuts sociaux : pour aborder la mise en question de ces protocoles, quelques exemples de programmes et de logiciels récents ou en cours de réalisation.

Intervenants :
Xavier Leton, auteur et artiste
Guillaume Stagnaro, artiste multimedia
Téléférique, collectif d’artistes

Littérature, poésie, fiction : structures narratives et technologies

Dans les medias électroniques, nombre de programmes sont dévolus à la production de textes ou détournés à des fins artistiques dans ce domaine, et nombre d’expériences ont été menées en matière littéraire depuis l’apparition de l’ordinateur. On peut dire aujourd’hui que les nouveaux medias traversent les pratiques d’écriture, et l’histoire elle-même de la littérature.
Or, ce qui est spécifique à l’informatique et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, c’est que la technique impose une structure sous-jacente au langage de représentation.
Pour les auteurs, s’agit-il là d’un paradigme contraignant, de la concentration réductrice des propositions rédactionnelles, ou bien de la base de tous les possibles narratifs et d’un éclatement formel créatif ? Comment la langue, le langage, l’écriture, leurs fondements et leurs processus y sont-ils confrontés ? Quels sont les effets de la logique technique sur la logique de sens ? Comment notre perception s’en saisit-elle ? Y a-t-il révolution, et de quel ordre : poétique ou technologique ?

Intervenants :
Grégory Chatonsky, artiste multimedia
Jacques Donguy, poète, éditeur
Mario Borillo, cogniticien

L’artiste et le système technologique

Des oeuvres d’art nouvelles éméergent du dédale de l’art numérique. Sur le web ou sous forme d’installation, elles se nourissent de décennies d’exploration des formes des arts plastiques et les enrichissent de l’interactivité. elles proposent un rapport actif à l’oeuvre. Elles s’actualisent, voire se créent ou se générent par l’interaction avec le public. Elles proposent un espace, un univers de possibles. Un nouveau dispositif ou système de relations plus que de représentatioon. Un art de l’apparition, selon Roy Ascott. De ces créations-relations, l’artiste devient petit à petit un concepteur de système, un développeur d’applications artistiques, et le public un co-créateur. Tout au moins au premier abord. Au delà des fantasmes de l’interactivité, cette rencontre propose d’interroger les déplacements et l’évolution du statut, du rôle et de la place de l’auteur avec l’utilisation créative des nouveaux medias.

Avec :
Guillaume Stagnaro, artiste
Peter Sinclair, artiste, enseignannt, codirecteur de Cap 15
Sandra Patron, responsable de Triangle France

Information, images et nouveaux medias

L’internet et la société de l’information ont modifié le temps et l’espace de la communication en accélérant la vitesse de transmission des messages, en multipliant les procédés technologiques de représentation, en installant, avec le virtuel, un autre type d’interface au réel. Devant une complexification de l’appréhension des signes émis, et pour une éthique de la communication, il est impératif de créer et de décrypter une sémiologie de l’information et des dispositifs d’écriture propres aux nouveaux medias.

Intervenants :
Christine Buci-Glucksmann, philosophe, historienne d’art
Norbert Hillaire, critique d’art
Ludovic Burel, artiste
Patrice Barrat, producteur

Architecture, espaces urbains, espaces virtuels

C’est dans le déploiement et les croisements de ces différentes espèces d’espaces que nous essaierons de cerner le déplacement des notions qui leur sont associés, généré par l’actualité des nouvelles technologies, des réalités et des imaginaires qu’ils décrivent et dans lesquelles ils s’inscrivent. En essayant d’évaluer leurs dimensions et la distance nécessaire pour s’y situer. Un glossaire contenant les termes site, paysage, environnement de synthèse, cyberespace, architecture virtuelle, lieu, cité, territoire, etc …

Intervenants :
Franck Ancel, artiste, théoricien des nouvelles technologies
Téléférique, collectif d’artistes
Alfredo Fabbri, architecte

Art et technique, perspectives historiques

Si les termes « art » et « technique » ont eu la même définition, ce n’est que depuis le début du 20ème siècle qu’on les distingue. La technique serait attribuée aux procédés logiques et scientifiques tandis que l’art serait le résultat esthétique d’une création sensible. L’apparition de méthodes et d’appareils de reproductibilité des oeuvres d’art ainsi que la naissance de l’industrialisation auraient-elles contribué à la séparation des notions de procédés techniques et de formes artistiques, de science et d’esthétique ? L’oeuvre d’art apparaîtrait alors comme une forme unique et singulière et la technique comme les moyens génériques de la fabrication de l’objet.
Mais la technique elle-même n’informe-t-elle pas l’art ? Comment contribue-t-elle à la mise en forme de l’oeuvre, à la représentation ? Quels sont les niveaux d’interaction entre un langage artistique et un support technique ? Quel est l’impact des révolutions technologiques sur l’apparition des formes et des langages artistiques ?

Avec :
Raphael de Vivo, directeur du GMEM, et Laurent Pottier, ingénieur en informatique musicale
Paul Devautour, artiste, enseignant, initiateur du Collège invisible
Anna Sauvageot, sociologue
Alain Giffard, chercheur, Président de la MAPI

Modérateur : Nicolas Weinberg

Action culturelle et nouveaux medias

L’éclatement de la bulle internet nous amène aujourdh’ui à constater une « incertitude sur les usages » du web et du réseau : à quoi peut vraiment servir Internet au quotidien, pour chacun de nous ? Certaines expériences, menées à partir de programmes institutionnels, ont montré que l’approche culturelle des nouveaux medias pouvait donner des pistes structurantes, et déplacer le débat depuis l’outil à l’usage de l’outil : Internet peut être considéré comme un lieu d’expression, un atelier de travail collectif, une chaîne de programme multimedia, un espace de socialisation, de valorisation, d’échange.. Internet n’est aujourd’hui plus simplement un outil de communication et d’information, mais un espace d’implication individuel et collectif possible.
Cela interroge alors ce que ce type de technologie peut impliquer dans une pratique d’énonciation et de rapports aux autres, ce que ces technologies impliquent pour les « médiations ».

Avec :
M.H Poggi, chercheuse en sciences de l’information et de la communication
Sophie Ménanteau, directrice de l’ECM Kawenga
Djamel Achour, videaste, collectif Anonymal
Vincent Deblock, responable ateliers musicaux, A.M.I
Fouad Maaskri, animateur multimedia, ECM Friche Belle de Mai

Modérateur : Nicolas Weinberg

Espaces du langage, territoires du texte

Une des formes premières et omniprésentes de la communication, la langue, le langage, ont leurs structures propres. Mais circulent d’un espace à un autre : de la voix du corps à l’écrit du texte, du livre aux media de masse, du théâtre aux supports informatiques, de la page au cyberespace… Nous tenterons ici d’analyser quelques systèmes du langage, de son statut, de son inscription dans l’espace. Entre fixité et mobilité, représentation et communication, art et information, énonciation et réception, nous aborderons l’évolution du dire, de l’écrire et du lire.

Avec :
Michel Simonot, auteur dramatique, sociologue et Justine Simonot, metteur en scène autour de « La mémoire du crabe »
Eric Sadin, poète, théoricien des nouvelles technologies
Modernité et territoires de la poésie
Daniel Parrochia, chercheur, professeur de logique et méthodologie des sciences
Circulation et géographie de l’information dans les nouveaux media
Roberto Paci Dalo, compositeur, metteur en scène et Colette Tron, auteur, journaliste Projet « Cosmologie »

Modérateur : Nicolas Weinberg

Ecriture théâtrale, scène et interactivité

Internet ne se cantonne plus aux simples écrans d’ordinateurs mais intéresse et s’intéresse à la scène. Celle du théâtre ou de la danse. Engouement technologique, effets de mode, ou prémisses d’une profonde modification du rapport entre l’acteur et la scène, entre l’artiste et son propos ? En effet si les images video se projettent entre acteurs, danseurs et décor depuis un certain temps, et jouent un rôle de plus en plus important dans les scénographies, Internet, et plus particulièrement le web, s’insèrent aujourd’hui comme un élément novateur, voire moteur, d’une nouvelle conception de la narration spectaculaire. Entre scène ou tapis interactifs, narration non-linéaire, fragment. Comment ? Pourquoi ? Les intervenants, de part leurs pratiques ou leurs approches technologiques apportent de premières pistes de travail. Un moment de rencontre et de discusion que nous vous invitons à partager .

Avec :
Yannick Bressan, Cécile Huët, chercheurs, projet E-Toile
Pierre Dufoureau, metteur en scène, vidéaste, compagnie Komplex Kapharnaüm, projet Square Net
Laurence Giner, metteur en scène, Benoît Finker, scénographe, informaticien, projet Hoeurneb
J.F Peyret, metteur en scène, à propos de « La génisse et le pythagoricien »
Jean Cristofol, philosophe

Modérateur : Nicolas Weinberg

« Pourquoi faire les choses ? », commentaires sur la pratique artistique

Artiste et metteur en scène allemand, Heiko Kalmbach, actuellement en résidence à la Fondation Camargo à Cassis, y est à la fabrication d’un film documentaire sur la question de la création artistique intitulé « Pourquoi faire les choses ? ». S’attachant particulièrement à la pratique et à l’œuvre du photographe Wolfgang Tillmans, le film montre un artiste internationalement reconnu dans son travail quotidien, et dénude sa spectacularité vers un peu de son intimité. A partir du film d’Heiko Kalmbach, en l’observant et en le dépassant à la fois, une discussion s’engagera sur ce qui se passe entre le réel et l’œuvre, entre l’œuvre et sa signification, ou encore entre l’artiste et son motif. De quoi est fait et par quoi est conduit le geste artistique ? Quels en sont les éléments à l’œuvre et que recouvrent-ils ? Dans quel engagement s’inscrit-il, et « pourquoi faire les choses ? ». Avec ces question seront soulevés des enjeux concrets du travail artistique tels : effets symboliques ou effets réels, recherche esthétique et sens politique, singularité culturelle et sociale de l’œuvre d’art, et de l’artiste lui-même… Dans quelle(s) relation(s) l’art peut-il être à la société ?

Avec :
Heiko Kalmbach, artiste
Jean-Pierre Dautricourt, directeur de la Fondation Camargo
Colette Tron, responsable d’Alphabetville

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